Que faire si mon enfant est en surpoids ?

Quelques conseils...

Le principal objectif est de stabiliser le poids de l'enfant, qui poursuivra sa croissance staturale et donc s'affinera progressivement. En cas d'obésité plus importante, on pourra envisager une perte de poids modérée, parallèlement à l'augmentation de sa taille.

Dans le cadre de l'obésité de l'enfant, le rôle de l'entourage et de la famille, notamment des parents, est fondamental.

L'alimentation de mon enfant

Le menu du repas est élaboré par les parents et non par l'enfant, surtout pour le jeune enfant.

Les enfants ont besoin de repères et de cadre définis par leurs parents. Concernant les repas à la maison, ils doivent être pris assis, à table, sans être face à un écran (tablette, télévision, ordinateur,…) et si possible en famille car c'est aussi un moment d'échange avec l'enfant.

La quantité des repas n'est pas la même pour tous, elle est différente selon son âge, son sexe et son activité. Une fillette de 8 ans n'a pas les mêmes besoins énergétiques que son frère de 14 ans.

Proposez uniquement de l'eau à table ; les jus de fruit, sirop et autres sodas sont à réserver pour les occasions festives.

Apprenez à votre enfant à manger lentement, en mastiquant bien les aliments. Cela l'aidera à mieux percevoir la diminution progressive de la faim et l'apparition du rassasiement, de manière à éviter de se resservir systématiquement et à réguler au mieux ses prises alimentaires.

N'imposez pas à votre enfant de finir son assiette ! La régulation du poids dépend du respect de ses sensations alimentaires que sont la faim et le rassasiement, présentes dès le plus jeune âge. Si votre enfant n'a plus faim, ne le forcez pas à manger davantage, vous risquez d'aller à l'encontre de ce fin mécanisme de régulation du poids.

Ne prenez pas l'habitude de consoler votre enfant avec de la nourriture. En proposant systématiquement un biberon à un bébé qui pleure, ou en donnant une sucrerie à un enfant qui s'est fait mal ou qui est triste, vous risquez de lui transmettre le message « alimentation = consolation quand je ne vais pas bien ». Ainsi, on induit une modification de la relation à la nourriture et une habitude de manger pour d'autres raisons que la faim (tristesse, colère, contrariété, angoisses,…) ce qui favorise la prise de poids, pendant l'enfance mais aussi à l'âge adulte, et peut conduire à un véritable trouble du comportement alimentaire.

Adoptez le juste équilibre ! La restriction comme l'hyperabondance sont néfastes et favorisent le surpoids de l'enfant (et de toute la famille). En tant que parent, il convient de trouver un rôle intermédiaire qui ne prive pas l'enfant des aliments « plaisir » (gâteaux, bonbons, pâte à tartiner,…) tout en évitant d'avoir les placards remplis de ces tentations.

Et l'activité physique ?

Lutter contre la sédentarité de l'enfant est le meilleur moyen de prévention de l'obésité

Réduisez le temps passé devant les écrans. Là encore, le rôle des parents est très important, quel que soit l'âge de l'enfant. Les études médicales montrent bien, qu'indépendamment de son alimentation, plus un enfant passe du temps devant un écran plus il aura tendance à prendre du poids. Afin de limiter ce temps d'inactivité à moins de 2h par jour, vous pouvez lui demander de choisir le ou les programmes qu'il souhaite regarder (et de s'y tenir, sans zapper sur différentes chaînes), lui proposer de créer une liste de jeux et d'activités à faire sur les temps de loisir en remplacement des jeux vidéos, télévision et ordinateur.

Proposez de l'activité au quotidien. Mieux vaut bouger un peu plus chaque jour dans les activités du quotidien que de faire 1h de sport par semaine et être sédentaire le reste du temps. Les possibilités sont multiples : organiser des sorties en famille le week-end, augmenter les temps de marche au quotidien (pour aller à l'école, se balader en ville,…), aller à la piscine, faire du vélo, de la trottinette,...

Et le sommeil ?

Sommeil et prise de poids

Moins on dort, plus on grossit ! Cet adage est valable chez les enfants comme chez les adultes. Il est fondamental de préserver un temps de sommeil nocturne suffisant pour l'enfant.

Quels sont les besoins de sommeil de l'enfant ?

  • Avant 6 mois : 16 à 20 h, réparties sur toute la journée
  • 6 mois-1 an : 14 à 15 h. Environ 11 h la nuit et 3-4 h de sieste durant la journée
  • Vers 2 ans : 13 à 14h. Environ 11 h la nuit et 2-3 heures de sieste l'après midi
  • Vers 3-5 ans : 11 h environ de sommeil nocturne (disparition des siestes)
  • 4-12 ans : 10-12 h environ ; avec un horaire de coucher régulier vers 20h-20h30 en période scolaire
  • A l'adolescence : 10h environ. Cependant, au cours de cette période le coucher devient plus tardif et les rythmes imposés en période scolaire conduisent à une carence chronique de sommeil, alors que les besoins physiologiques sont probablement plus importants au cours de l'adolescence.

Comment faciliter l'endormissement ?

Un environnement calme et apaisant avant le coucher, ainsi que le maintien d'horaires réguliers favoriseront l'endormissement et le sommeil de votre enfant. Il est préférable d'éviter les activités trop stimulantes (jeux vidéos, ordinateur,…) et de ne pas laisser votre enfant s'endormir en regardant la télévision. La consommation d'excitants (thé, café, boissons énergisantes ou contenant de la caféine) en fin de journée est également à éviter.

A qui s'adresser en cas d'obésité chez mon enfant ?

Votre pédiatre ou médecin généraliste peut vous aider dans votre démarche. Il pourra également proposer à votre enfant de rencontrer des professionnels de santé spécialisés dans la prise en charge de l'obésité (médecin nutritionniste, diététicien(ne), psychologue,...)

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Les erreurs à éviter

  • Mettre votre enfant au régime, utiliser des substituts de repas ou autres produits « amaigrissants ».
  • Vouloir résoudre très vite les problèmes de surpoids ou d'obésité de votre enfant. Il faudra se laisser du temps (plusieurs mois ou années) pour que la corpulence de votre enfant s'améliore.
  • Penser que les choses vont s'améliorer spontanément avec le temps ; malgré la poursuite de la croissance, le surpoids a souvent tendance à persister et à s'aggraver si on ne modifie pas les habitudes de vie.