Conséquences de l'obésité

Une maladie, plusieurs complications

L'obésité est une maladie chronique, qui peut être responsable de nombreuses complications médicales et psychologiques.

Complications métaboliques

Dyslipidémies

La surcharge pondérale peut entraîner des anomalies du cholestérol

  • augmentation du « mauvais » cholestérol (LDL cholestérol)
  • diminution du « bon » cholestérol (HDL cholestérol)
  • augmentation des triglycérides (> 1,5 g/L)

Ces anomalies favorisent les dépôts de graisse dans toutes les artères de l'organisme (c'est l'athérosclérose) ce qui peut engendrer des maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC,...).

Le traitement repose avant tout sur une modification de l'alimentation (moins riche en graisses, produits sucrés et alcool), une augmentation de l'activité physique ; des médicaments peuvent aussi faire baisser les taux de LDL cholestérol et triglycérides.

Diabète

Lorsque le taux de sucre dans le sang s'élève (glycémie supérieure à 1,26 g/L), on parle de diabète.

Chez les personnes obèses, il s'agit le plus souvent d'un diabète de type 2, favorisé par une quantité importante de graisse dans le corps, qui entraîne une résistance à sa propre insuline (hormone qui abaisse le taux de sucre dans le sang). L'organisme n'arrivant pas à apporter suffisamment d'insuline, la glycémie s'élève après et dehors des repas. En cas d'obésité, le risque de diabète est 3 fois plus important que chez les personnes non-obèses.

Souvent, le diabète n'est pas ressenti et évolue silencieusement ; mais s'il n'est pas bien équilibré, il peut se compliquer de maladies cardiovasculaires, d'atteintes du rein, de l'œil et des petits nerfs (notamment au niveau des pieds avec un risque de plaies).

Le traitement du diabète repose sur 3 choses : un changement d'alimentation, la pratique d'activité physique et les traitements médicamenteux (comprimés et/ou injections).

Maladies du foie et de la vésicule biliaire

LLe foie peut souffrir en cas d'obésité ; il est le lieu d'une accumulation de graisses (les triglycérides, d'origine alimentaire) ce qui conduit à une surcharge dite « stéatose » et à une augmentation de sa taille (hépatomégalie), mesurable par échographie.

A ce stade, ce processus est réversible (amélioration en 6 mois, en diminuant les triglycérides par une réduction de consommation des glucides et de l'alcool). Mais en l'absence d'amélioration de l'alimentation, des complications au niveau du foie peuvent survenir : inflammation, cirrhose, voire cancer.

D'autre part, le risque de calculs au niveau de la vésicule biliaire est également plus important en cas d'obésité.

Complications cardiovasculaires

Maladies cardiovasculaires

Les principales maladies cardio-vasculaires sont l'accident vasculaire cérébral (AVC), l'angine de poitrine et l'infarctus du myocarde (qui peut être responsable d'une insuffisance cardiaque). Elles sont liées à l'obstruction des artères irrigant le cœur ou le cerveau, par des dépôts de graisses (que l'on appelle « plaque d'athérome »).

L'obésité fait partie des facteurs favorisant la survenue de ces maladies, tout comme le diabète, l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie,...

Un bilan métabolique et des explorations complémentaires peuvent permettre de les dépister précocement.

Hypertension artérielle

L'hypertension artérielle correspond à une pression anormalement élevée dans les artères ; c'est-à-dire supérieure à 14/9.

Les causes de l'hypertension artérielle sont souvent multiples : hérédité, âge, stress, apnées du sommeil, hygiène de vie (tabac, consommation en excès de sel et/ou d'alcool) et obésité sont notamment des facteurs favorisants. Le risque d'être hypertendu est 2 à 3 fois plus élevé chez les personnes souffrant d'obésité.

Le danger le l'hypertension artérielle repose sur le risque d'accidents cardio-vasculaires (AVC, infarctus). Des changements de l'hygiène de vie (activité physique, arrêt du tabac, réduction de la consommation d'aliments salés, de l'alcool, réduction du stress) et une perte de poids même modérée permettent de réduire l'hypertension artérielle ; sinon, un traitement médical est nécessaire.

Complications respiratoires

Dyspnée

La dyspnée signifie l'essoufflement qui peut être ressenti à l'effort, mais aussi au repos.

En cas de surcharge pondérale, cela peut être lié à plusieurs facteurs : la diminution de l'amplitude thoracique et pulmonaire lors de la respiration, l'asthme associé, la perte musculaire liée à la sédentarité, certains problèmes cardiovasculaires.

La dyspnée entretient le cercle vicieux de la sédentarité : plus on est essoufflé, moins on bouge et moins on bouge, plus l'essoufflement à l'effort sera important.

Syndrome d'apnées du sommeil

Le syndrome d'apnée du sommeil est extrêmement courant, il touche 5 à 15% de la population adulte et il est majoré en cas de surcharge pondérale. Il entraîne de nombreux arrêts respiratoires nocturnes à l'origine d'une perturbation du sommeil réparateur (pas toujours perçu par les personnes).

Ainsi le syndrome d'apnée du sommeil occasionne une fatigue dès le réveil, une somnolence dans la journée avec des difficultés de concentration (et un risque élevé d'accident de la route !), des maux de tête, des troubles de l'humeur et de la sexualité. Il peut également être responsable de problèmes cardiaques, artériels et pulmonaires.

Le diagnostic est fait par un enregistrement de la respiration pendant le sommeil et son traitement repose sur un appareillage spécifique nocturne.

Insuffisance respiratoire chronique

En cas d'obésité, il peut exister une diminution de l'amplitude thoracique et donc une gêne pour remplir ses poumons d'oxygène lors de l'inspiration et pour évacuer correctement le gaz carbonique lors de l'expiration.

Cette défaillance dite « Syndrome Obésité Hypoventilation » et assez méconnue alors qu'elle toucherait jusqu'à 10% des personnes ayant une obésité de stade 3. Cela conduit à une insuffisance respiratoire chronique, qui peut se compliquer de détresses respiratoires sévères. Le principal traitement est la perte de poids et, le cas échéant, un appareillage spécifique nocturne, avec éventuellement de l'oxygène à domicile.

Asthme

Le risque d'être asthmatique est multiplié par 2 en cas d'obésité de stade 1 (IMC>30) et multiplié par 4 en cas d'obésité de stade 3 (IMC > 40).

Le plus souvent, il ne s'agit pas d'un asthme allergique ; cela est dû à des petites bronches plus rigides et inflammatoires qui gênent le passage de l'air. Un traitement en cas de crise voire un traitement de fond peut être nécessaire.

Complications psycho-sociales

Souffrance psychologique

La personne obèse témoigne souvent d'une souffrance psychologique ; le regard des autres, les moqueries sont vécues comme une agression au quotidien. L'image du corps peut être perturbée ; ce corps vécu comme encombrant, douloureux ou laid est souvent rejeté et refoulé.

On retrouve par ailleurs une faible estime de soi et faible confiance en soi, accentuée par les différents échecs de régimes et difficultés à perdre du poids.

Le rapport à soi, à son corps, à la nourriture, mais également le rapport aux autres peut devenir une source d'émotions négatives (telles que stress, colère, tristesse, souffrance) le plus souvent intériorisées et pouvant laisser la place à une véritable dépression. Le recours à un psychologue ou psychiatre peut être bénéfique dans ces cas-là.

Répercussions sociales

Le fait d'être obèse peut être un frein sur le plan professionnel (difficultés à l'embauche, inaccessibilité de certaines professions, arrêts de travail plus fréquents du fait des complications médicales) comme sur le plan social (discrimination, rejet favorisant l'isolement et le repli sur soi).

Altération de la qualité de vie

L'obésité est une maladie chronique. Toutes les complications médicales, psychologiques et sociales participent à dégrader la qualité de vie de la personne souffrant d'obésité.

Autres complications

Cancers

L'obésité augmente le risque de certains cancers.

Il s'agit du cancer du côlon et rectum, rein, pancréas, œsophage, vésicule biliaire ainsi que les myélomes, leucémies et lymphomes. De plus, chez la femme obèse, le cancer du sein (après la ménopause) et de l'utérus sont également plus fréquents.

Reproduction

Chez la femme, les cycles menstruels, régulés par les hormones sexuelles, peuvent être perturbés lorsque l'indice de masse corporel (IMC) est soit trop bas, soit trop élevé.

Quand l'IMC est supérieur à 30, il est fréquent de constater une irrégularité des cycles voire la disparition des règles et ainsi des difficultés pour tomber enceinte. Les ovaires sécrètent trop d'androgènes (hormones mâles) et peuvent être responsables d'une augmentation de la pilosité (syndrome des ovaires polykystiques).

Chez l'homme, l'obésité peut entrainer une baisse du taux de testostérone, et donc diminuer sa libido et sa fertilité.

Arthropathies

La surcharge pondérale est un facteur de risque d'arthrose (genoux, hanches, colonne vertébrale) et de hernie discale.

En effet, le surpoids a un effet mécanique négatif sur le cartilage qui va s'abîmer. Ces douleurs articulaires peuvent devenir très invalidantes et gêner la mobilité, la marche et la pratique d'activité physique en général ; ce qui risque d'aggraver la prise de poids ; c'est un cercle vicieux.

Perdre du poids permet généralement de soulager ces douleurs ; toutefois si les lésions d'arthrose sont évoluées, elles persisteront malgré un amaigrissement. Le recours à des antalgiques est nécessaire.

Insuffisance veineuse

L'excès de graisse au niveau des jambes et du ventre gêne le retour veineux (des pieds vers le cœur) et facilite l'insuffisance veineuse qui peut se traduire par :

  • des œdèmes (jambes lourdes et gonflées, surtout en fin de journée, en cas de piétinement ou station debout prolongée),
  • des varices et varicosités (gonflement d'une veine, qui apparaît tortueuse sous la peau),
  • des phlébites (formation de caillots dans les veines).

La perte de poids, l'activité physique douce et le port de bas de contention améliorent le retour veineux.